Certains éléments se manifestent suivant des cycles particuliers. C’est le cas de l’histoire de cette femme de 44 ans que j’appellereai Jeannette afin de garder son anonymat.
Lorsqu’elle vient me consulter, elle cherche à comprendre ce qui a déclenché son AVC.
Notons que l’AVC, comme tout infarctus, est un symptôme de “réparation” : dans la phase de stress, de conflit actif, le corps envoie plus de sang en dilatant les vaisseaux sanguins vers la zone cible afin qu’elle reçoivent “plus de vie”. Puis une fois le conflit résolu, la biologie entre en phase de réparation; elle rétrécit les vaisseaux pour que le débit de sang revienne à la normale. Si la réparation est trop brutale, cela peut conduire à ce qu’une artère se bouche, entraînant un AVC ou un infarctus.
En décodage biologique, on fait l’hypothèse qu’il y a eu avant l’AVC un ressenti de type “j’ai peur de perdre la tête”. Bien entendu cela s’entend soit réellement, soit métaphoriquement (peur de la folie, peur de perdre le contrôle…) et peut être vécu pour soi ou par identification.
Lorsque je lui soumets cette hypothèse, son visage change de couleur. Elle est comme pétrifiée et me raconte son histoire:
Elle a 11 ans quand son père rentre un soir à la maison en pleine crise de delirium tremens. Elle est seule face à lui et dans son délire, il devient violent avec elle et au final, il abuse d’elle sexuellement. Elle n’osera jamais en parler à qui que ce soit et garde cela pour elle.
Quel rapport avec son AVC à 44 ans? J’y viens…
A 22 ans, elle est en foyer de jeune travailleur et elle est violée par un garçon du foyer.
11 ans, 22 ans… alors je lui demande à tout hasard: et à 5 ans et demi? Voilà qu’elle me répond: “J’ai subi des attouchements sexuels de mon oncle”
Vous voyez le cycle?
44 ans, c’est l’âge de son père lors de sa crise de délire. Le corps en a gardé la mémoire. 44 ans. Pour le cerveau le temps n’existe pas; l’autre n’existe pas. Il semblerait qu’à un niveau inconscient cette mémoire se soit réactivée. : “Pour empêcher papa de me violer, il faut que j’envoie de la vie à son cerveau. Ainsi, il ne perdra pas la tête et tout ça n‘aura pas lieu.”. Son corps ne peut pas agir sur celui de son père. Il va agir sur le sien et c’est l’AVC.

